Trois choix le distinguent des tests de personnalité qu'on trouve en ligne.
Des questions issues de la recherche. Les 50 affirmations viennent de l'International Personality Item Pool (IPIP), une banque de questions créée par le psychologue américain Lewis Goldberg et placée dans le domaine public pour que chercheurs et praticiens puissent l'utiliser librement. Il s'agit de la version à 50 items des « marqueurs du Big Five » (Goldberg, 1992), dont la fiabilité a été étudiée dans de nombreux pays dans sa version d'origine. Nous les avons traduites pour ce site : la traduction est soignée, mais elle n'a pas fait l'objet d'une validation scientifique propre.
Une notation officielle. Chaque réponse vaut de 1 à 5 points, et les affirmations formulées à l'envers (« Je ne parle pas beaucoup ») sont inversées, exactement comme l'indiquent les instructions de l'IPIP. Chaque trait obtient un score de 10 à 50.
Une vraie comparaison. Un score de 38 sur 50 ne veut rien dire seul. Nous l'avons donc comparé à un grand jeu de données ouvertes publié par Open Psychometrics : les réponses de 15 657 adultes à ces mêmes 50 questions. Vous obtenez un percentile : « plus extraverti·e que 63 % des gens », par exemple. C'est aussi ce qui fixe vos 4 lettres, nous y revenons plus bas.
| Ce test | 16 Personalities | MBTI officiel |
|---|
| Modèle | Big Five, avec une équivalence en 4 lettres | Modèle maison inspiré des 16 types | Typologie de Myers et Briggs, inspirée de Jung |
| Questions | 50, du domaine public (IPIP) | 60, propriétaires | 93 dans la version courante, propriétaires |
| Résultat | 5 scores en percentiles + un type en 4 lettres | Un type en 4 lettres (+ une 5ᵉ lettre) | Un type en 4 lettres |
| Comparaison à une population | Oui, 15 657 adultes, méthode expliquée | Non publiée | Indice de « clarté » de chaque préférence |
| Prix | Gratuit, sans inscription | Gratuit (rapports payants) | Payant, en ligne ou avec un praticien certifié |
Le MBTI (Myers-Briggs Type Indicator) a été mis au point dans les années 1940 par Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers, à partir des types psychologiques de Carl Jung. Il classe chacun dans l'un des 16 types, combinaisons de 4 paires de lettres. Il est extrêmement populaire en entreprise et en ligne.
Le Big Five, ou modèle en cinq facteurs, vient d'une démarche inverse : au lieu de partir d'une théorie, des chercheurs ont analysé statistiquement les milliers de mots qui décrivent la personnalité dans le langage courant, puis repéré les grandes dimensions qui ressortent toujours. Il en reste cinq : l'ouverture, la conscienciosité, l'extraversion, l'agréabilité et la stabilité émotionnelle (ou son inverse, le névrosisme). C'est le modèle de référence de la recherche depuis les années 1990.
Ce qui rend possible notre double résultat, c'est une étude de 1989. Les psychologues Robert McCrae et Paul Costa ont fait passer à la fois le MBTI et un questionnaire Big Five à 468 adultes. Résultat : chacune des 4 échelles du MBTI mesure en réalité l'un des 5 grands traits.
| Paire du MBTI | Trait Big Five correspondant | Corrélation (échantillon masculin) |
|---|
| Extraversion / Introversion (E-I) | Extraversion | −0,74 |
| Sensation / Intuition (S-N) | Ouverture | 0,72 |
| Pensée / Sentiment (T-F) | Agréabilité | 0,44 |
| Jugement / Perception (J-P) | Conscienciosité | −0,49 |
Le signe dépend seulement du sens dans lequel chaque échelle est codée. Ce qui compte, c'est la force du lien.
Les deux premières paires sont très proches de leur trait Big Five, les deux dernières un peu moins. Et un trait n'a aucun équivalent dans le MBTI : la stabilité émotionnelle, c'est-à-dire la façon dont on encaisse le stress. C'est pourtant celui qui pèse le plus sur la santé mentale.
McCrae et Costa ont aussi conclu que rien ne montrait l'existence de types « purs ». Les gens ne se répartissent pas en deux groupes, introvertis d'un côté et extravertis de l'autre : la plupart se situent près du milieu, et la personnalité varie de façon continue, comme la taille.
D'où un problème concret. Si vous êtes juste au milieu d'une échelle, une seule réponse différente peut vous faire changer de lettre. Le psychologue David Pittenger a compilé les études sur le sujet : selon elles, 39 à 76 % des gens obtiennent un type différent quand ils repassent le MBTI cinq semaines plus tard.
C'est pourquoi notre test vous indique, pour chaque lettre, si elle est nette, modérée ou à la frontière. Une lettre à la frontière n'est pas une erreur : c'est simplement le signe que vous êtes au milieu de cette échelle, comme une bonne partie des gens.
| Trait | Score élevé | Score bas |
|---|
| Ouverture (imagination, idées) | Curieux·se, imaginatif·ve, attiré·e par l'abstrait et la nouveauté | Concret·e, pragmatique, attaché·e à ce qui a fait ses preuves |
| Conscienciosité (organisation) | Organisé·e, fiable, persévérant·e, parfois perfectionniste | Souple, spontané·e, parfois procrastinateur·rice |
| Extraversion (énergie sociale) | Sociable, bavard·e, énergisé·e par les autres | Réservé·e, calme, ressourcé·e par la solitude |
| Agréabilité (coopération) | Chaleureux·se, conciliant·e, empathique, parfois trop accommodant·e | Direct·e, franc·he, compétitif·ve, parfois abrupt·e |
| Stabilité émotionnelle | Calme, résistant·e au stress, récupère vite | Sensible au stress, inquiet·ète, humeur variable |
Quelques précisions utiles :
- Aucun pôle n'est « le bon ». Un score bas en agréabilité aide à négocier ou à dire non. Un score bas en extraversion n'empêche ni l'amitié ni le leadership.
- Introversion n'est pas timidité. L'introversion décrit où l'on puise son énergie. La timidité, ou l'anxiété sociale, décrit la peur du jugement. On peut être introverti·e et parfaitement à l'aise en public, ou extraverti·e et anxieux·se. Si c'est la peur du regard qui vous retient, l'article sur l'anxiété sociale vous parlera davantage.
- Une conscienciosité très haute a un revers : l'exigence qui tourne au perfectionnisme. Très basse, elle se paie souvent en procrastination.
- Une agréabilité très élevée rend souvent le conflit pénible : voyez pourquoi j'ai peur du conflit.
- Une stabilité émotionnelle basse n'est pas un défaut de caractère. Elle signale un terrain plus réactif au stress, qui se protège et se travaille, par exemple avec les pistes de comment gérer le stress au quotidien. Elle recoupe en partie l'hypersensibilité, que mesure notre test d'hypersensibilité.
Comment nos 4 lettres sont-elles attribuées ? Chaque lettre correspond à un trait : E/I à l'extraversion, N/S à l'ouverture, F/T à l'agréabilité, J/P à la conscienciosité. Si votre score est au-dessus de la médiane des 15 657 adultes de référence, vous recevez la lettre « haute » (E, N, F ou J), sinon la lettre « basse ».
Ce détail a l'air technique, mais il change tout. Sur ce questionnaire, la moyenne des gens en ouverture et en agréabilité est d'environ 39 sur 50, bien au-dessus du milieu de l'échelle (30). Un test qui couperait au milieu classerait presque tout le monde « N » et « F ». En coupant à la médiane réelle, chaque lettre concerne environ une personne sur deux.
Voici la fréquence de chaque type dans notre échantillon de référence, avec notre méthode :
| Type | Portrait | Fréquence |
|---|
| ENFJ, le mentor | Sociable, imaginatif·ve, bienveillant·e, organisé·e : aime faire grandir les autres | 11,0 % |
| ISTP, l'artisan | Calme, pragmatique, direct·e, flexible : préfère agir que discourir | 10,9 % |
| ENFP, l'enthousiaste | Sociable, imaginatif·ve, chaleureux·se, spontané·e : fourmille de projets | 8,1 % |
| INTP, le chercheur | Réservé·e, curieux·se d'idées, franc·he, peu attaché·e aux plannings | 7,4 % |
| ESFJ, l'hôte | Sociable, concret·e, chaleureux·se, organisé·e : veille au confort de chacun | 6,9 % |
| ISTJ, le pilier | Réservé·e, concret·e, direct·e, organisé·e : fiable et méthodique | 6,8 % |
| INTJ, le stratège | Réservé·e, porté·e sur les idées, franc·he, organisé·e : pense loin | 5,7 % |
| ESFP, l'animateur | Chaleureux·se, concret·e, sociable, spontané·e : met de la vie partout | 5,5 % |
| ENTP, le débatteur | Sociable, inventif·ve, franc·he, improvisateur·rice : aime bousculer | 5,2 % |
| ISFJ, le protecteur | Discret·e, attentionné·e, concret·e, fiable : prend soin sans bruit | 5,1 % |
| ESTP, le fonceur | Sociable, concret·e, direct·e, spontané·e : aime l'action immédiate | 4,9 % |
| ISFP, l'esthète discret | Doux·ce, concret·e, bienveillant·e, spontané·e : vit dans le présent | 4,9 % |
| INFP, l'idéaliste | Réservé·e, imaginatif·ve, bienveillant·e, souple : guidé·e par ses valeurs | 4,8 % |
| INFJ, le confident | Réservé·e, imaginatif·ve, bienveillant·e, organisé·e : vie intérieure riche | 4,7 % |
| ESTJ, l'organisateur | Sociable, concret·e, direct·e, structuré·e : fait avancer les choses | 4,1 % |
| ENTJ, le meneur | Sociable, visionnaire, franc·he, organisé·e : décide et structure | 4,0 % |
Calcul : 15 657 adultes ayant répondu aux 50 questions (données ouvertes BIG5 d'Open Psychometrics, collectées en ligne vers 2012, majoritairement anglophones), lettres attribuées par rapport à la médiane de chaque trait.
Deux remarques. D'abord, ces fréquences ne sont pas celles du MBTI officiel : elles dépendent de la méthode, et celle-ci est volontairement transparente. Ensuite, les types qui reviennent le plus souvent combinent des traits qui vont souvent ensemble dans la population, comme la sociabilité, la bienveillance et l'organisation chez l'ENFJ.
On entend souvent que les tests de personnalité sont de l'horoscope. C'est vrai de beaucoup de quiz en ligne. Ce n'est pas vrai des 5 grands traits.
En 2007, le psychologue Brent Roberts et ses collègues ont rassemblé les études longitudinales, celles qui suivent les mêmes personnes pendant des années. Les traits de personnalité prédisaient la mortalité, le divorce et la réussite professionnelle aussi bien que le milieu socio-économique ou l'intelligence mesurée.
Restait une question : ces résultats tiennent-ils quand on refait les études ? En 2019, Christopher Soto a refait 78 de ces liens entre traits et devenir, sur de grands échantillons (environ 1 500 personnes en médiane). 87 % ont été retrouvés, avec des effets en moyenne un peu plus faibles que dans les études d'origine. Pour la psychologie, c'est un taux de réplication remarquable.
Cela ne veut pas dire que votre personnalité décide de votre vie. Ce sont des tendances statistiques, modestes à l'échelle d'une personne. Mais elles sont réelles, ce qui n'est pas le cas de votre signe du zodiaque.
Oui, plus qu'on ne le croit, et dans une direction plutôt rassurante.
Une part est héritée. Une étude de jumeaux de Kerry Jang et ses collègues (1996) estime l'influence génétique entre 41 et 61 % selon le trait. Le reste vient surtout de l'environnement propre à chacun (expériences, relations, événements), très peu de l'éducation commune reçue dans la famille.
Elle évolue avec l'âge. Une méta-analyse de Brent Roberts, Kate Walton et Wolfgang Viechtbauer (2006), portant sur 92 échantillons suivis dans le temps, montre que la plupart des gens deviennent plus consciencieux et plus stables émotionnellement, surtout entre 20 et 40 ans. Les chercheurs parlent parfois de « principe de maturité ».
Autrement dit, votre résultat est une photographie de qui vous êtes aujourd'hui, pas une étiquette à vie. Et si vous avez obtenu un type différent il y a quelques années, ce n'est pas forcément que l'un des tests se trompe.
Camille fait le test de 16 Personalities pendant une pause déjeuner. Résultat : INFJ, « le type le plus rare ». Elle se reconnaît dans chaque ligne. Trois semaines plus tard, en refaisant le test après une période de rush au travail, elle obtient ISFJ. Puis INFP le mois suivant.
Elle en conclut que ces tests ne valent rien. En réalité, ses réponses n'ont presque pas bougé. Elle est simplement au milieu de deux échelles : un peu plus ou un peu moins imaginative selon les jours, un peu plus ou un peu moins organisée selon la charge de travail. Une seule question suffit à faire basculer la lettre.
Avec les percentiles, son profil devient lisible et stable : introversion nette, agréabilité haute, ouverture et conscienciosité au milieu. C'est exactement le genre de nuance que les 4 lettres ne peuvent pas montrer.
Attention à l'effet Barnum. En 1949, le psychologue Bertram Forer a remis à ses étudiants une « analyse de personnalité » prétendument personnalisée. C'était en fait le même texte vague pour tous, tiré en partie d'un livre d'astrologie. Les 39 étudiants l'ont jugée très juste : 4,26 en moyenne, sur une échelle de 0 à 5. Plus un portrait est flatteur et vague, plus on s'y reconnaît. Méfiez-vous des descriptions qui conviendraient à tout le monde, y compris nos portraits de type, et appuyez-vous plutôt sur les percentiles.
Les scores au milieu sont les plus fréquents. Un percentile de 45 ou 55 n'est pas un « manque » de personnalité : c'est la situation de la plupart des gens sur la plupart des traits.
Un test reste un autoportrait. Il mesure la façon dont vous vous voyez. Pour un éclairage complémentaire, demandez à un proche de répondre en pensant à vous : les écarts sont souvent instructifs.
Ce n'est pas un outil de diagnostic. Un score très bas en stabilité émotionnelle ne signifie pas que vous avez un trouble anxieux ou dépressif. Mais si vous vous sentez débordé·e depuis des semaines, l'article comment savoir si j'ai besoin de voir un psy peut vous aider à y voir clair.
« Le MBTI est le test le plus scientifique. » C'est le plus connu, pas le plus solide. La recherche utilise le Big Five, et l'instabilité des types MBTI au fil des passages est bien documentée.
« On est soit introverti, soit extraverti. » La plupart des gens sont au milieu. Les deux extrêmes existent, mais ils sont minoritaires.
« Sa personnalité ne change pas après l'enfance. » Elle continue d'évoluer, surtout entre 20 et 40 ans, en général vers plus de stabilité et d'organisation.
« Certains types sont meilleurs que d'autres. » Chaque trait a ses avantages selon le contexte. Une forte conscienciosité est précieuse pour un comptable et peut devenir un frein dans un métier qui exige d'improviser.
« Un test gratuit en ligne ne vaut rien. » Tout dépend des questions et de la méthode. Les items de l'IPIP sont gratuits précisément parce qu'ils ont été conçus pour la recherche et placés dans le domaine public.
- Ce test vous donne vos 5 traits Big Five en percentiles et un type en 4 lettres déduit de ces traits.
- Les questions viennent de l'IPIP (Goldberg, 1992, domaine public), et la comparaison s'appuie sur 15 657 adultes de données ouvertes.
- Les 4 lettres du MBTI correspondent à 4 des 5 traits (McCrae et Costa, 1989), mais ignorent la stabilité émotionnelle.
- Les types sont instables quand on est près du milieu d'une échelle : 39 à 76 % des gens changent de type MBTI en cinq semaines. Fiez-vous d'abord aux percentiles.
- Les 5 traits prédisent réellement la santé, le couple et la carrière (Roberts, 2007), et ces liens résistent aux réplications (87 %, Soto, 2019).
- La personnalité évolue, surtout entre 20 et 40 ans.
- Goldberg, L. R. (1992). The development of markers for the Big-Five factor structure. Psychological Assessment, 4(1), 26-42. Questions : International Personality Item Pool (domaine public).
- Données de référence : Open Psychometrics, jeu de données ouvert « BIG5 » (19 719 réponses, dont 15 657 adultes complètes retenues pour nos calculs).
- McCrae, R. R., & Costa, P. T. (1989). Reinterpreting the Myers-Briggs Type Indicator from the perspective of the five-factor model of personality. Journal of Personality, 57(1), 17-40.
- Pittenger, D. J. (2005). Cautionary comments regarding the Myers-Briggs Type Indicator. Consulting Psychology Journal: Practice and Research, 57(3), 210-221.
- Roberts, B. W., Kuncel, N. R., Shiner, R., Caspi, A., & Goldberg, L. R. (2007). The power of personality. Perspectives on Psychological Science, 2(4), 313-345.
- Soto, C. J. (2019). How replicable are links between personality traits and consequential life outcomes? Psychological Science, 30(5), 711-727.
- Roberts, B. W., Walton, K. E., & Viechtbauer, W. (2006). Patterns of mean-level change in personality traits across the life course. Psychological Bulletin, 132(1), 1-25.
- Jang, K. L., Livesley, W. J., & Vernon, P. A. (1996). Heritability of the Big Five personality dimensions and their facets: A twin study. Journal of Personality, 64(3), 577-592.